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Date : nov 2005 - POLYNESIE
Le URU à tout faire Intéressons nous cette fois-ci au uru, ce «miracle» de la nature selon les nutritionnistes du 18è siècle, qui le comparaient volontiers à la pomme de terre.
 Après avoir parcouru les variétés de bananes polynésiennes le mois dernier, intéressons nous cette fois-ci au fruit de l’arbre à pain, le uru, ce «miracle» de la nature selon les premiers nutritionnistes du XVIIIè siècle, qui le comparaient volontiers à la pomme de terre. Les grands découvreurs et leurs botanistes (en particulier le jeune Joseph Banks qui accompagnait le capitaine Cook) ont compris que la subsistance des habitants du grand Océan tenait en trois mots : poisson, cocotier et uru (fruit de l’arbre à pain), qui leur assuraient depuis des siècles de multiples services...
HISTOIRE : C’est l’épisode du «Bounty» qui a définitivement rendu cette plante célèbre dans le monde entier. Rappelons en effet que le Bounty fut confié au capitaine Bligh pour venir chercher du uru à Tahiti sous l’impulsion de « Sir » Joseph Banks, celui là même qui accompagnait Cook, mais qui entre temps était devenu président de la Royal Society de Londres ! Un millier de jeunes plants seront embarqués à Tahiti à bord du Bounty, destination Jamaïque avec pour objectif de les planter aux caraïbes pour nourrir les esclaves des plantations. Mais un certain Fletcher Christian contribua à transformer ces projets en la mutinerie la plus célèbre de l’histoire maritime... Après ces péripéties, le capitaine Bligh revint quand même à Tahiti en 1792, à bord de la « Providence», pour clore sa mission. Hélas, le uru ne s’acclimata jamais bien en Jamaïque et de plus les esclaves des plantations refusaient obstinément d’en manger car ils détestaient ce nouveau goût qu’ils ne connaissaient pas... ! Tout çà pour çà !
ARBRE A TOUT FAIRE :
 Le uru est riche en vitamines et très énergétique. L’arbre lui même a toujours été exploité pour sa sève qui servait à calfater les pirogues. L’écorce de uru est l’une des préférées des Ma’ohi pour confectionner leurs tapa. Le tronc servait à fabriquer des pirogues et même les feuilles, grandes et solides, servaient à de nombreux usages. On utilise encore aujourd’hui le tronc, les feuilles et les fruits du uru pour confectionner une panoplie étonnante de médicaments traditionnels...
- ORIGINE : C’est en Malaisie et en Inde qu’on trouve les premières traces de l’arbre à pain. Introduit dans les îles du Pacifique lors de leurs périples il y a des milliers d’années, le uru constitue depuis cette époque la base de l’alimentation des Ma’ohi.
- ÉTONNANT : En œnologie, on sert des frites de uru entre chaque vin dégusté. La neutralité gustative du uru permet de mieux appréhender la richesse de la palette d’un vin.
- CUISSON : Le uru est meilleur lorsqu’il est cuit sur un feu de bois. Quand la peau est bien noire, on retire la pulpe, farineuse, qui est ensuite battue pour en faire une pâte qu’on laissera fermenter quelques jours. On peut la cuire au four tahitien (ahima'a), comme du pain, mais on le consomme aussi en accompagnement, comme des pommes de terre, ou des frites.
Variétés : Il existe plus de 40 variétés de uru, dont les plus connues sont :
• le uru Ma'ohi, l’espèce la plus courante dans les îles, à chair blanche,
• le uru Huero, dont la peau est verte,
• le uru Puero, à la peau jaune, le plus prisé dont la chair est particulièrement recherchée,
• le uru Maire, plus petit qui présente un fruit à la pulpe jaune clair,
• le uru Rare Autia, une espèce rare, réservée aux nobles dans le temps, à la chair très fine,
• le uru Paea, une espèce de plus grande taille à la chair jaune paille.
On peut le consommer cru, mais tout le monde le préfère cuit, notamment avec du corned-beef et des oignons, une des plus vieilles recettes locales. Les Marquisiens le font fermenter pour préparer leur fameux popoi.
RECETTE : LES POMMES «DAUPHINE» DE URU...
- Ingrédients :
• 1 gros uru,
• 2 tranches de bacon (ou de lard),
• 1/2 l de lait, 20 g de beurre,
• bouquet garni, sel, poivre,
• 4 jaune d’œufs,
• 60 g de farine,
• 1 sachet de levure chimique,
• 2 cuillères à soupe de vinaigre.
- Préparation :
1• Pelez le uru, coupez-le en deux, puis débitez en petits cubes.
2• Faites-les cuire dans l’eau pendant 30 minutes avec le bacon et la moitié du bouquet garni.
3• Pendant ce temps, faites chauffer le lait avec le reste du bouquet garni.
4• Egouttez le uru et mélangez-le avec le lait cuit en rajoutant le beurre, sel et poivre.
5• Incorporez maintenant les jaunes d’œufs, le vinaigre puis le sachet de levure.
6• Avec la pâte obtenue, faites des boulettes en les roulant dans la farine.
7• Faites frire dans une friteuse, à la manière des pommes dauphine.
8• Utilisez vos pommes dauphine de uru pour accompagner toutes vos viandes…
Voir notre article concernant la Cuisine Polynésienne
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