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Date : jan 2009 - POLYNESIE
Développement durable
Il est regrettable de constater que le savoir ancestral, basé sur le rythme de la nature et sur son observation s’est évanoui avec l’arrivée de la société de consommation.
Il est regrettable de constater que le savoir ancestral, basé sur le rythme de la nature et sur son observation quotidienne (donc, pro-écologique et conforme à une politique de développement durable avant l’heure) s’est évanoui avec l’arrivée de la société de consommation. Dans les temps reculés, les anciens ma’hi avaient mis en place un savoir vénérable, enrichi à chaque génération, sur leur environnement terrestre et marin. Ils connaissaient à merveille les conséquences des variations climatiques en matière de pêche et d’agriculture. C’est pourquoi, ils avaient élaboré un calendrier très précis pour la pêche et les cultures, encore en vigueur chez les «matahiapo» (anciens) aujourd’hui. Il serait déraisonnable d’en perdre les préceptes actuellement. L’ensemble de ces préceptes écologiques est parvenu jusqu’à nous, tant bien que mal il est vrai, et revient actuellement sur le devant de la scène, grâce à quelques associations de plus en plus actives et nombreuses.
Pour elles, il est urgent que la population polynésienne tienne compte des expériences des anciens, notamment dans le contrôle des ressources naturelles pour éviter la surproduction, le gaspillage et ainsi vivre en harmonie avec la nature. Ainsi, il serait bon de revenir à certaines coutumes aujourd’hui raillées, qui consistaient à limiter la pêche, afin de protéger certaines espèces pour leur permettre de se reproduire, ou de mieux gérer les cultures, pour permettre aux sols de se reposer, et de constituer des réserves en attendant des moments plus propices.
Pour les anciens, la Mère nature était au centre de la vie et du cycle humain.
Elle n’était pas uniquement destinée à être contemplée et admirée pour sa beauté. Il fallait l’entretenir, la flatter... La nature procure l’air et l’eau nécessaire à la vie, mais aussi la nourriture, les outils, les médicaments, en fait, tout ce qui est indispensable. Il est donc normal de la respecter, puisqu’elle apporte tout à l’homme, dès lors qu’il s’attache à la préserver. Cette philosophie universelle d’antan semble revenir au goût du jour, devient même indispensable à la sauvegarde de l’humanité, à la préservation de la planète pour nos enfants. D’ailleurs, la cosmogonie polynésienne met souvent en avant ce concept qui consiste à «emprunter la terre pour la léguer en meilleur état aux générations suivantes». Une maxime à méditer urgemment !
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