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Date : Août 2009 - POLYNESIE
Eco Fenua
L’agriculture en danger en Polynésie?
Près de 80% des fruits et légumes consommés à Tahiti et dans les îles sont importés. Ce qui pourrait passer pour un comble lorsqu’on sait qu’il y a deux à trois récoltes de tomates possibles par an sous les tropiques… Certes, les ressources climatiques de la Polynésie devraient permettre de produire bien plus à travers notre vaste territoire. Mais l’eau douce est rare sur les îles. 70 % de l’eau douce consommée sur la planète est utilisé pour l’irrigation. En effet, les plantes ont grandement besoin d’eau, il s’agit de leur premier moteur de croissance. C’est pourquoi, il est important de mieux en maîtriser notre consommation. Les eaux de pluie sont encore plus délicates à maîtriser, et pour les agriculteurs polynésiens, le casse-tête devient dès lors insoluble.
L’agriculture fait appel aujourd’hui à des engrais et autres produits chimiques spécifiques qui permettent de limiter, en partie, les quantités d’eau requises, mais avec les conséquences que l’on connaît. Les sols se détériorent rapidement, victimes des pesticides et des nitrates utilisés de façon trop massive dans les cultures. Ils ont besoin d’encore plus de «repos» pour pouvoir se regénérer, se «nettoyer», et offrir ainsi des qualités retrouvées pour accueillir à nouveau des plantations. En outre, les nappes d’eau souterraines et les rivières des alentours sont rapidement contaminées. Les conséquences de cette pollution majeure sont incalculables pour le genre humain.
S’il est possible de réagir, en réintroduisant une agriculture plus «traditionnelle», dite «bio» aujourd’hui, les conditions ne semblent pas idéales en Polynésie. De nombreux paramètres échappent aux agriculteurs locaux qui ont pris l’habitude d’utiliser en masse, sans réel contrôle, des produits (engrais, pesticides, «fortifiants», etc) qui leur permettent de maintenir une production constante. Pourtant, et les exemples ne manquent pas, des agriculteurs conscients du péril, se sont lancés à corps perdu vers de nouvelles techniques, plus adaptées aux normes du futur. Peu ou pas d’engrais chimiques, une saine utilisation des sols, une gestion plus rigoureuse de leur utilisation, sans oublier une surveillance continuelle de leurs cultures, autant de contraintes qu’ils arrivent à gérer pour produire des fruits et des légumes sains, sans danger pour le consommateur, tout en préservant l’environnement.
Le combat n’est certes pas gagné, mais lentement, on arrive à nouveau à produire des produits sains. Hélas, c’est évidemment au détriment de la quantité (et donc du coût)…
Voir aussi notre article sur le développement durable
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