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Date : Octobre 2009 - POLYNESIE

TSUNAMI
J’ai vécu l'alerte rouge au tsunami à Tahiti, après le séisme des Samoa….

1. La chronologie des événements
A la suite du tremblement de terre qui a touché l’archipel des Samoa le 29 septembre, un raz-de-marée d’environ 90 cm était annoncé courant de la matinée sur les îles polynésiennes. L’alerte a été rapidement lancée vers 9h30 et les sirènes ont retenti à travers tous les archipels.
C’est notamment à Tahiti, Moorea et aux Marquises que les précautions d’usage ont été le plus suivies. Dans la petite capitale, les réseaux téléphoniques (mobile et fixe) se sont retrouvés, hélas, inopérants en quelques minutes, ce qui a déclenché une splendide pagaille dans la zone urbaine de Papeete : les parents inquiets ne pouvant joindre, ni les écoles, ni leurs enfants, ont préféré voler au secours de leur progéniture, au détriment des règles élémentaires de sécurité, plutôt que de faire confiance aux personnels des établissements scolaires.
Une surréaliste ruée pédestre vers les collines de chaque quartier s’en est ensuivie, agrémentée d’un gymkana mémorable à travers des files de voitures au point mort !

A l’heure dite, vers 10h40, une première vague de 25 cm a atteint les côtes de Tahiti et de Moorea, suivie quelques instants plus tard de deux autres mini-vagues de même ampleur. Les radios locales, unique moyen de communication encore en ordre de marche, ont tenu la population au courant des événements en temps réel. Peu après midi, l’alerte a été levée et chacun a pu regagner, tant bien que mal, son lieu de travail, ou son «home sweet home» rassurant. Les Marquises ont subi l’assaut des vagues deux heures plus tard, et là aussi, aucun dégât ni victime à signaler, malgré une montée des eaux plus importante (de l’ordre de 120 cm environ) qui a causé une légère frayeur rétrospective à certains habitants.

Pour les pouvoirs publics, cette alerte somme toute bénigne, aura été une répétition grandeur nature de ce qu’il adviendra le jour où les éléments seront réellement déchaînés. Et comme les consignes globales ont été respectées dans l’ensemble, la Polynésie peut se targuer aujourd’hui de l’exemplaire réactivité de sa population.
Mais que d’encre aura coulé pour si peu d’eau !

2. Mieux comprendre ce qui s’est passé
Les services concernés s’interrogent toujours pour mieux comprendre pourquoi un tsunami de 4 à 6 m aux Samoa, qui a fait tant de victimes à Apia et à Pago Pago, ne mesurait plus que quelques centimètres en arrivant en Polynésie Française.

L’hypothèse la plus logique serait la présence des récifs coralliens (autour de la majeure partie des îles en Polynésie, sauf aux Marquises justement) qui atténuent considérablement le phénomène d’accélération de la vague au moment de son impact avec les terres.
En pleine mer, il est quasiment impossible de visualiser la ou les vagues d’un tsunami qui s’apparentent ni plus ni moins à un léger train de houle.
C’est à l’approche des terres que le tsunami devient dangereux - ou non - en fonction de la nature des terrains (baies et zones côtières plus ou moins larges, montagnes proches de la rive, vallées encaissées, étroites, etc...). Un véritable mur d’eau peut se créer lorsqu’il atteint la côte, phénomène initié par la remontée rapide des fonds marins à l’approche du rivage. Mais les récifs coralliens «cassent» net ce mur d’eau, à condition toutefois que la vague arrive perpendiculairement à la côte. Lorsqu’elle arrive parallèle aux rivages, elle n’occasionne que peu de dégâts, voire aucun.
C’est pourquoi, lors du tsunami de noël 2004 en Indonésie, les côtes perpendiculaires aux ondes du séisme qui a provoqué le raz-de-marée (Sumatra, Thaïlande et Malaisie à l’est, Sri Lanka, Inde et même Afrique, à l’ouest) ont subi des dégâts considérables, alors que le Bengladesh par exemple, plus proche, mais au nord, a pratiquement été épargné.

En Polynésie Française la majeure partie des côtes sont protégées par de très imposantes barrières récifales qui ont sans aucun doute rempli leur rôle protecteur en brisant la (petite) vague, comme le ferait d’ailleurs la digue de Papeete (3,2 km de long et 9 m de haut) lors d’un tsunami venant du nord. D’ailleurs la hauteur de cette même vague, lorsqu’elle a atteint les Marquises, a été mesurée entre 1 et 2 mètres selon les endroits, sans doute parce que les côtes de cet archipel ne possèdent aucun récif. Mais d’autres raisons, moins bien connues, sont également envisageables.
Qui sait aujourd’hui ce qui se passe réellement au cœur d’un tsunami lancé à 800 km/h à travers l’Océan Pacifique..?
  


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