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Date : Août 2010 - Tahiti
ECO FENUA
Le point sur la pollution atmosphérique en Polynésie.
La pollution de l’air à Tahiti. Si elle existe, elle n’est pas quantifiable...
Annoncé depuis plus de dix ans, le fameux projet du réseau de surveillance de la qualité de l’air en Polynésie, et notamment pour le «grand Papeete» (sur 35 km de plaine côtière), semble toujours au point mort. En l’absence de mesures officielles, il est donc impossible de connaître aujourd’hui le niveau de pollution atmosphérique de Tahiti.
A priori, il est certain que les îles et même Tahiti, hormis sa zone urbaine, ne soit guère affectées par une quelconque pollution de l’air. Les alizés et un faible développement industriel engendrent une sérénité à toute épreuve sur 95% du sol polynésien.
Mais il reste le «grand Papeete». Et là, il suffit de s’y rendre tôt le matin à l’heure où les vents sont peu opérants, pour «sentir» que la pollution de l’air est plus que réelle. Les effluves générées par les grands embouteillages sont tout simplement irrespirables... mais non mesurables, en l’absence de matériel requis.
Au premier rang de cette pollution bien réelle, les transports... L’accroissement infernal du nombre de voitures en circulation sur l’île dépasse l’entendement. Près de 120 000 véhicules entrent et sortent de Papeete chaque jour. Quant aux transports en commun, si les bus sont peu présents et les rotations toujours aussi mal structurées, leur âge moyen et leur état général reflètent un doute certain quant à la pollution qu’ils doivent engendrer. En l’absence de contrôle technique obligatoire, près de 50% du parc automobile local ne serait pas en mesure de rouler en métropole par exemple.
Mais il ne s’agit pas de l’unique source de pollution atmosphérique de notre milieu urbain. Les zones industrielles de la périphérie urbaine génèrent elles aussi une pollution, à commencer par les usines de l’Electricité de Tahiti dont les centrales thermiques (70% de la production) fonctionnent au fuel lourd. La mise en place d’un réseau de contrôle de l’air est à l’étude depuis maintenant trop longtemps. Il est plus que temps d’y pourvoir...
Les balbutiements de la mise en route d’un système de contrôle de l’air à Tahiti.
Dioxyde de soufre (centrales thermiques), dioxyde d’azote et monoxyde de carbone (transport) sont les composants principaux de la pollution de l’air. Mais pour maîtriser ce fléau, il faut avant tout pouvoir mesurer les taux de particules dans l’air...
Cette volonté de contrôler la qualité de l’air à Tahiti remonte à plus de 20 ans. Après deux décennies, on en est toujours au même point, après de longues (et coûteuses) études et autant de ministres de l’environnement. Dès 1991, une étude avait démontré que le centre ville de Papeete (notamment autour du marché) recelait des teneurs en plomb et des composés organiques volatils de manière inquiétante.
Une autre étude en 1999 devait permettre de délimiter les risques de pollution atmosphérique. Elle avait démontré que les transports et l’industrie étaient les principaux responsables d’une pollution grandissante de l’air autour de Papeete.
Un signal d’alarme fort et inquiétant, mais avait-on besoin de commander une telle étude pour savoir ce que l’on savait déjà... et surtout, ne prendre aucune mesure à la lecture des conclusions ? Entre-temps, l’augmentation importante des maladies respiratoires à Tahiti a permis de vérifier, si besoin en était encore, que la pollution de l’air prenait des proportions inquiétantes.
En 2005, deux sociétés mandatées par le ministère de l’Environnement ont mené une grande étude sur la mise en service d’un réseau de surveillance de la qualité de l’air. Un fabriquant français d’appareils de mesure a été contacté pour l’achat et la mise en place d’instruments adéquats. Le but avoué, mesurer avec précision les pics de pollution atmosphérique afin de prévenir rapidement les populations concernées... L’eau a coulé sous les ponts et la population attend toujours... Et la pollution atmosphérique sur le «grand Papeete» ne cesse d’augmenter. Vivement les voitures électriques…
Mais que nos touristes soient rassurés : dans les autres îles, et sur le tour de l’île de Tahiti, la pollution de l’air est quasi-inexistante...
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