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Date : Juin 2010 - Polynésie

ECO-FENUA EN BREF

Cinq oiseaux migrateurs font partie des espèces protégées en Polynésie...
La Journée internationale des Oiseaux Migrateurs, le 8 mai dernier, nous a permis de recenser les cinq espèces qui quittent chaque année nos îles pour se rendre sur des sites de reproduction, souvent éloignés de plusieurs milliers de kilomètres.
Il s’agit : - du courlis d'Alaska (en langue polynésienne : kivi, keuhe, etc), - du chevalier errant (uriri, torea, tuki, etc) - du pluvier fauve (torea, ti'afe, etc) - du bécasseau Sanderling (tiri, tuki, etc) - du coucou de Nouvelle-Zélande ('arevareva, kurevareva, kakaveka, oroveo, etc).
Certains d’entre eux couvrent des distances étonnantes (entre 10 et 15 000 km) pour se rendre en Alaska ou en Sibérie ! Quant au coucou de Nouvelle-Zélande, il se contente des 5 000 km qui le sépare de son pays d’origine...
Les instances polynésiennes de protection des espèces menacées sont particulièremet attentifs à ces volatiles, et notamment au courlis d’Alaska, très présent aux Tuamotu. Il se nourrit de petits mollusques et autres crustacés en bordure des plages et des cours d’eau. Il est hélas très vulnérable, chiens et chats étant ses prédateurs principaux. 

Sus aux escargots tueurs !
Comme quoi, quand on veut bien faire, il faut parfois se méfier des conséquences en chaîne mal maîtrisées...
En 1974, l’escargot géant africain Achatina fulica a été introduit en Polynésie. Ce spécimen de fort belle taille s’est parfaitement adapté mais a causé des dommages importants aux cultures et parallèlement à quelques «cousins» de plus faible taille.
Pour lutter contre ce réel fléau, on a introduit, à l’essai il y a une dizaine d’années, un escargot carnivore, Euglandina rosea, pour enrayer les dommages d’Achatina fulica sur l’île de Moorea. Quelques saisons plus tard, on s’est rendu compte que cette espèce très vorace a rayé de l’île pas moins de 52 des 58 espèces de gastéropodes recensées. Son appétit légendaire étant ce qu’il est, il a tout simplement dévoré la plupart de ses congénères, l’escargot géant d’Afrique y compris, laissant «la vie sauve» à deux ou trois espèces endémiques de Tahiti et des Iles de la Société.
Quelle espèces va t’on importer aujourd’hui pour lutter contre ce nouveau «tueur en série» ?

Les algues brunes Turbinaria ornata : Un nouveau fléau qui prolifère dans les lagons des Tuamotu
Vous avez tous pu observer au cours d’une baignade cette grande algue brunâtre, particulièrement dense dans les lagons des îles hautes polynésiennes, Turbinaria ornata.
Absente des lagons des Tuamotu jusque dans les années 90, elle est désormais omniprésente sur plusieurs atolls, où elle est considérée comme «espèce très envahissante».
Cette «migration» vers les atolls est délicate à expliquer, mais on suppose qu’elle est due à un phénomène de dérive des «radeaux de thalles» flottant à la surface des océans. Ces bancs d’algues en décomposition à la surface des eaux ont été étudiés récemment et on a constaté que les «thalles» conservaient leur fertilité durant leur longue dérive au gré des vents et de la houle. Les phénomènes cycloniques et les grandes houles de ces dernières années ont propagé l’algue brune Turbinaria ornata jusqu’aux confins de la Polynésie.
Sur les atolls concernés, on se prépare à une campagne en règle d’arrachage de ces algues dont la densité est telle que le phénomène semble causer des nuisances sur les coraux. Une fois arrachées, ces algues pourraient constituer un engrais organique de premier choix...

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